• L'Europe Tombera

    Il y a encore quelques mois j’espérais que la chute soit moins douloureuse qu’attendue, mais à la réflexion, je crois qu’elle sera plus rude que jamais. Dans cette note le suspense est levé et la chute de l’article annoncée, au même titre que celle du continent sur lequel nous vivrons encore quelques années avant que tout s’écroule.

    Rien ne laisse présager un redressement de la situation politique et économique. Aussi bien les décisions de nos dirigeants que l’aveuglement de la grande majorité de la population me forcent à penser que l’avenir européen à long terme ne s’écrive même plus en pointillés mais dessine un encéphalogramme plat.

    L’Europe arrive au bout de plusieurs cycles. La croissance des pays disparait petit à petit pour laisser place à une récession qui  touchera bien entendu les plus pauvres et les classes moyennes. Les plus aisés et les riches, quand ils sentiront le vent de la fronde et la colère monter, sauront partir au bon moment dans un pays suffisamment éloigné géographiquement où les intérêts financiers trop importants de la classe dirigeante de la communauté internationale leur permettront de rester à l’abri de toute velléité de contrôle de fortune et de moralisation de sa politique. Dit autrement, ils iront dans un paradis fiscal.

    Ce qui me chagrine le plus, c’est la cécité dont est frappée la population européenne. La Grèce commence à peine à plonger dans les abimes de la paupérisation. On s’en fout, ou pire, on ferme les yeux. C’est peut-être la première fois dans l’histoire qu’un pays d’Europe aura des structures de pays riches, avec des infrastructures de qualité, des réseaux de transports développés etc. habité par une population qui s’appauvrit de jour en jour.

    Et pourtant, les grecs ont eu l’occasion de  changer de direction, au cours d’élections successives qui laissaient présager pendant un temps la défaite des grands partis qui ont mis la Grèce à sec. Cela a été le cas puisque SYRISA est arrivé en tête, mais les socialistes et la droite se sont mis d’accords pour gouverner ensemble et saigner leur peuple.

    En Italie, la situation politique est quasiment pire, car personne ne remet en cause le système européen en étant autre qu’anti syndicaliste ou fasciste ; ce faisant la gauche et la droite se sont, encore une fois, mises ensemble pour élire le président qui leur convient.

    L’erreur majeur des européens, est de croire que les grands partis qui sont à l’origine de la construction européenne telle qu’elle a eu lieu ces dernières années, sont encore capables de se rendre compte de leurs erreurs et de changer le cours catastrophiques des évènements qu’ils ont eux-mêmes déclenchés. Les PS actuels et les droites européennes conduisent inévitablement à l’effondrement total du continent car ils sont issus du cadre dans lequel ils évoluent et vivent dans un système fermé dont les institutions permettent leur réélection permanente à tour de rôle.

    Il faut bien se rendre compte, qu’il n’y a absolument aucun pays européen où la situation s’améliore. Il y a de plus en plus de pauvres, de plus en plus de chômage et une recrudescence observée un peu partout des groupes d’extrême-droite parfois ouvertement nazis. On m’objecte souvent que la renaissance de ces groupes implique une participation aux élections afin d’enrayer la montée en puissance de ces partis. C’est une chose de plus que les européens ne comprennent pas. Voter PS ou à droite à une élection en pensant bloquer l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite est une illusion totale. En effet, la montée de l’extrêmes-droite n’est rien d’autre que la conséquence des politiques de la droite et du PS ces dernières années dans toute l’Europe. Plus ces partis seront au pouvoir et se planteront monumentalement, plus l’extrême droite montera. A cet égard, je considère que désormais, voter en faveur de la droite ou du PS aux élections nationales ou européennes revient à faire monter directement l’extrême droite dans les chaumières. L’élection d’un chef socialiste ou de droite  ne fait que retarder l’échéance et laisse place à une autre sorte d’autoritarisme mené par l’Europe qui n’est pas nécessairement plus glorieux, comme le montrent les exemples de la Grèce et de Chypre, sans parler du Portugal et de l’Espagne.

    Ceci me désespère profondément, car les pays en crise continuent de rester aux mains des deux grandes formations politiques qui ont le pouvoir et propagent leur l’idéologie, et dans le même temps voient monter les nationalismes et la xénophobie. Tout ce monde reste toujours dans le même cadre de pensée, celui de l’économie libérale, d’un monde mondialisé où aucun pays développé ne peut vivre sans que son économie ne soit régulée par autre chose que l’idéologie capitaliste libérale, puisque c’est celle-ci qui est en vigueur dans le monde.

    Ainsi, l’Europe entière se trompe dans ces choix, en pensant rester dans le cadre de ses instituions désuètes et antidémocratiques, en faisant alterner le PS et la droite au pouvoir et en remettant au gout du jour les nationalismes la xénophobie. L’Europe s’effondre et comme le dit Jarret Diamond, les « élites » gouvernantes persistent dans leur idéologie destructrice, qui pour autant n’est pas suicidaire, car ces fameuses élites dirigeantes sauront partir quand le temps sera venu pour eux de fuir les lieux qu’ils auront anéantis.

    Alors comment et quand l’Europe va tomber ? Impossible à savoir. La chute peut être longue et agonisante, uniquement de l’ordre économique. Mais elle pourrait prendre des allures plus violentes, voir même de guerre comme le vieux continent en a le secret. Je sais bien que cette hypothèse peut sembler exagérée, mais il ne faut pas oublier que ce continent en a fait beaucoup et que la situation va devenir véritablement catastrophique. Les tensions existent encore dans le Balkans et ce que j’ai vu de Belfast n’a rien de réjouissant quand on sait que le Royaume-Uni va entrer en crise à son tour. La Catalogne revendique de plus en plus sa souveraineté. Tous ces cas sont autant de bombe à retardement tant que la situation perdure.

    Je souhaite me tromper, mais l’Europe ne changera pas, car elle est basée sur des institutions à la fois transnationales (Constitution Européenne) et nationales (la Constitution des Etats) qui ne sont jamais remises en question et qui sont les fondations même des dérives de ceux qui sont au pouvoir.

     

    Hugo


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